Fucking China

Et encore, je suis poli !

La chine a été l’option retenue pour rejoindre le Pakistan, l’autre abandonnée était le passage par l’Afghanistan, mauvais plan !

Pour mémoire il fût un temps où il suffisait de franchir en quelques heures les 210 kms de la Karakorum Highway depuis le Kulma Pass au Tadjikistan pour atteindre le Khunjerab Pass et entrer au Pakistan.

Le grand empire ne l’entend pas ainsi et propose de faire une boucle de 680 kms en 5 jours pour 1016 dollars par tête pour un groupe de 8 véhicules !

Et bé pourquoi ?

Je vois déjà les optimistes affirmer que cette région où le brassage culturel a forgé les identités (argument proposé d’ailleurs par la chine elle même) mérite de s’y attarder, que c’est joli, qu’après tout on a le temps et  qu’une nouvelle expérience est bonne à prendre…

Et bé non ! Nous sommes dans le Xinjang, dans un des lieux de passage historique de la route de la soie, point de repos avant de franchir le terrible désert du Taklamakan. Mais surtout nous sommes en territoire Ouïgour et c’est là où pour la classe dirigeante réside un problème majeur: ils ne sont pas assez chinois ! L’éradication ethnique va bon train, un mauvais remake Tibétain et il n’est absolument pas question qu’un misérable occidental, encore moins à moto, risque de témoigner de la mort annoncée d’une ancienne culture.

Et je ne fais pas partie de ceux qui croient qu’un ersatz de spectacle de danse traditionnelle ouïgour proposé à fort prix à des cohortes de chinois braillards beuglant dans des fréquences nasillardes déchargés de leur car soit un exemple de tolérance ethnique.

Festival en trompe l’oeil

Ainsi donc après avoir épuisé nos bourses pour ce racket institutionnel nous avançons privés de liberté et d’un peu d’identité (car notre propre permis de conduire et carte grise ne sont pas reconnus, il doivent être refaits en chinois), escortés (ah oui pardon accompagnés par un guide touristique) dans un dédale complexe de procédures pour qui la seule entrée dans le pays aura duré DEUX jours, du lundi matin au mardi 22h30.

Un des nombreux points de contrôle, en groupe

Le mercredi nous autorise une visite de Kashgar, ancienne oasis transformée en ville nouvelle chinoise et où l’ancien centre a troqué son âme contre un alignement de boutiques à touristes. Et ne vous avisez pas à faire un pas de travers, les jeux de caméras de surveillance à peine déguisées en noix de coco ou autre bêtise saura enregistrer votre non conformisme !

Les deux jours à suivre permettent de rejoindre la frontière Pakistanaise après de nombreux contrôles de police, des radars omniprésents et des statues de policiers alignés sur les derniers km tous les 500 mètres.

Les villages le long de la Karakorum highway sont encerclés de barbelés, avec un contrôle de police à chaque entrée

Pour le reste on est un peu perdus, pas d’accès internet (on s’est mal débrouillés) et donc pas de traducteur « en ligne » pour discuter, pas de réconfort au p’tit dej (on a le choix entre du dégueulasse et du mauvais), pas de quiétude (le chinois vocifère, braille, bouscule, se fout de l’autre), pas le droit de faire le plein des motos seuls…

La densité de touristes la plus élevée au m2 au monde

Mais heureusement Michael et Siggi, deux allemands de notre génération qui voyagent en camion de pompier de 1969 aménagé nous ont offert de sympathiques moments.

Et pour tenter de rester objectif et un peu optimiste il y a dans ce peuple bruyant sans culture sociale quelques têtes qui sortent du lot et qui font preuve d’une vraie gentillesse.

Ce peuple est plus à plaindre qu’à blâmer.

La prochaine fois, je choisirai l’autre option…

Le Khunjerab Pass 4693m, et la liberté retrouvée…

Lien vers nos autres articles sur notre route de la soie: (Route de soie)

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