Nous avons atteint la longitude maximale de notre itinéraire, le long de la rivière Saryjaz, à 79 degrés et 27 minutes d’angle ! Le sentiment est étrange, nous ne sommes pas au bout du chemin, loin s’en faut mais c’est comme si nous entamions ensuite notre retour…


Passé le petit col Ak Tog à environ 34OO mètres nous ne faisons que descendre tranquillement le long de la frontière Casaque. Pause au bord de l’eau pour la nuit et comme nous sommes blancs de poussière nous jetons à l’eau tenue de moto, sacs et nos corps pour un gros et grossier rinçage. Nous y croisons dame grenouille qui n’a pas voulu nous quitter, au point de me demander si ça n’était pas une princesse a qui le mauvais sort a été jeté !

Naifs que nous sommes nous n’avions pas imaginé que la grosse route qui file au Kazakstan et que nous rejoignons peu de temps après est en travaux. Et ici les travaux s’étirent sur des dizaines de kilomètres et lèvent sous chaque essieux des kilos de poussière farineuse, blanche et légère qui anéantissent dès la première seconde les efforts de lavage de la veille !
C’est à travers ce brouillard sec que nous apercevons un grand rassemblement où se montent une grande quantité de yourtes. Renseignements pris un festival a lieu le lendemain !

Un festival est une affaire sérieuse et commence par une série de discours auxquels nous ne comprenons évidemment rien ! Cela nous permet de voir les officiels, ici aussi majoritairement des mâles, en costume moderne et chapeau traditionnel.

Puis ce sont des jeux organisés tous azimuts, en passant par des combats de lutte, des bras de fer, du tir à l’arc, de larges balançoires où des jeunes s’entassent sur une même planche.
Une jeune femme kirghize nous explique qu’il faut entrer dans les nombreuses yourtes installées, chaque famille représentant probablement un village nous y accueillent et nous propose à boire et à manger. Un jeune homme tient absolument à ce que nous visitions la sienne.
Dehors près de marmites géantes ou cuisent de larges portions de cheval je ne peux échapper à la dégustation d’un bouillon servi à la méga-louche !
Quelques stands proposent plus loin des articles artisanaux, essentiellement réalisés à base de feutre.


Mais le plus impressionnant est tout ce qui se passe à cheval. Nous avons assisté au Kyz Kumay où un jeune homme et une jeune femme se coursent successivement à des vitesses incroyables, à une course sur 10 km ou les jeunes montent leur cheval à cru !


Sans oublier l’impressionnant Kok Boru ou Bouzkachi où deux équipent de cavaliers se disputent une carcasse de chèvre.

Le champ fait office de stade, les spectateurs sont aux premières loges et parfois même les joueurs finissent dans la foule.

Les cris du public, celui des cavaliers, les coups de cravache, le bruit des sabots génèrent une ambiance très impressionnante. Ce sport s’il en est un est réservé à des joueurs solides, casqués et prêts à recevoir la charge des cavaliers adverses.



Les mêlées sont franches et directes, il n’y a pas que le rugby qui est un sport d’hommes qui aiment le contact !

Nous finissons la journée aussi fatigués qu’exubérants et irons monter la tente à peine plus loin..
Par chance il pleut au cours de la nuit, non pas que nous aimions à ce point nous faire rincer mais l’avantage majeur de cet épisode est que nous retrouvons la route en travaux et que l’eau colle la poussière au sol. Nous pouvons rouler dans des conditions acceptables !
Nous rejoignons la rive nord du lac Issyk Kul, assez touristique où les prix flambent. Nous ne voulons pas jouer les pigeons occidentaux et cherchons une vallée plus calme le long de la rivière Chong Kemin pour y passer deux nuits en solitude absolue !

Lien vers nos autres articles sur notre route de la soie: (Route de soie)
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