
J’avoue qu’il nous tardait de quitter les orages et leurs conséquences, et après un gros contournement du massif sinistré nous avons rejoint le nord ouest du pays. Le lac Say Chelek nous décevra à cause de son environnement (des pentes abruptes et denses de végétation tombent sur le lac offrant peu d’aires de bivouacs et un sol encore très gras) aussi descendons nous à Artik où nous passons un moment agréable dans une Guest House qui me fait penser aux auberges de jeunesse d’il y a 30 ans.

Changement de plan pour aller plus rapidement dans la vallée de Chatcal. C’est beaucoup moins désert que ne le dit la carte et une fois passé le col Chapchama la route devient un enrobé très roulant. La montée au col n’est pas très amusante et pourtant des poids lourds y circulent ! Des routiers très gentils mais ivres dès midi nous serreront 10 fois la main lors d’une pause près d’une fontaine, et tiennent à nous offrir pour le départ un pain et des pommes !

La suite est enchanteresse, nous quittons la route pour la petite piste qui monte aux lacs Kanysh Kiya et c’est un petit coin paradisiaque, nous y poserons la tente deux jours. Le soir un couple qui ramasse des fleurs ressemblant à de la camomille vient tenter de discuter avec nous, lui est souriant et elle a des yeux brillants de malice, je regrette que nous n’ayons pas réussi à les revoir le jour suivant.

Kanysh Kiya





La suite nous conduit vers la chaine du Pamir, hé hé ça vous dit quelque chose ?

Une pause s’impose pour trouver de quoi réparer nos « gonflants » car après nos deux journées reposantes nous avons deux outres à eau qui fuient et un matelas (le pire c’est que c’est le mien) qui présente quatre petits trous (au moins). Dans un boui boui au bord de la route genre caverne d’Ali Baba des bricoleurs je trouverai de la colle bi-composant, de la cyano-acrylate, du papier de verre et de la toile cirée pour faire rustine le tout à 3,25 euros. Nos champions autoproclamés du bricolage ont des leçons à prendre !Les réparations, charges de batteries se feront à Sary Mogol, à quelques pas de la frontière Tadjique.

La montée au village est source d’excitation et de montée d’adrénaline combinées, le rêve d’approcher le Pamir devient réalité, les cimes enneigées de cette immense chaîne de montagne s’offrent à nous. Nous roulons sur une partie de la légendaire Pamir Highway. Nous découvrons Sary Mogol au cours d’une journée, petit village étalé dans cette immense vallée de l’Alaï et nous passerons de sympathiques moment avec quelques habitants.










Et puisque le visa Tadjique ne démarre que dans dix jours il nous faut les perdre dans cette région, qu’à cela ne tienne allons rouler ou bout de la vallée et sur des pistes transverses. Les photos parlent d’elles mêmes, si les bivouacs haut perchés sont très ventés nous les posons sur des balcons panoramiques extraordinaires, Le pic Avicenne et ses plus de 7100 mètres nous toise, les édelweiss se couchent sous nos roues, les marmottes sifflent, les yacks s’en foutent et nous on contemple !


Pic Avicenne








75 kilomètres plus loin nous nous retrouvons à vol d’oiseau à 3 kilomètres du bivouac précédent, (c’est cela de rouler en montagne ! ) et posons un bivouac sous les assauts du vent. Superbe rencontre avec Susi et Jens dont la philosophie du voyage s’accorde à la nôtre, nous passons de très belles heures ensemble et nous séparerons avec un petit pincement au coeur.

Aux dernières nouvelles les outres ne fuient plus et pour le matelas c’est pas gagné car j’en suis au septième trou !
A bientôt pour des nouvelles du Pamir, face sud…
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